« Avec les exoplanètes, on a basculé de la science-fiction vers la science »

31/03/2012
Illustration de l'exoplanète Gliese 581e (en bleu) fournie par l'Observatoire européen austral (ESO), le 21 avril 2009.

Illustration de l'exoplanète Gliese 581e (en bleu) fournie par l'Observatoire européen austral (ESO), le 21 avril 2009.(ESO / AFP)

Depuis quelques mois, les annonces de découvertes d’exoplanètes pleuvent. Les scientifiques détectent environ tous les trois jours une de ces planètes situées hors de notre système solaire. FTVi s’est entretenu avec Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au laboratoire « Atmosphères, milieux, observations spatiales » du CNRS, pour comprendre l’enjeu derrière cet emballement.

FTVi : Pourquoi un tel engouement autour des exoplanètes en ce moment ?

Jean-Loup Bertaux : C’est un domaine de recherche très récent. On n’avait aucune preuve de planètes existant hors de notre système solaire avant 1995. Cela a été une énorme révolution. Avant, on en discutait à titre philosophique. Depuis, nous savons que cela existe, ce ne sont plus des suppositions. Pour le résumer, on a basculé de la science-fiction vers la science. C’est très excitant, cela a remis au premier plan cette question existentielle : « Sommes-nous seuls dans l’univers ? » Personnellement, je n’y crois pas trop. Par exemple, il y a 200 milliards d’étoiles dans notre galaxie, la Voie lactée, et l’on sait maintenant qu’environ une étoile sur dix a une planète habitable autour d’elle. Les probabilités de trouver une forme de vie extraterrestre sont gigantesques.

De plus en plus de scientifiques s’intéressent aux exoplanètes. En France, il y a dix ans, les chercheurs dans le secteur étaient peu nombreux. Maintenant, ils sont des dizaines, peut-être même une centaine. Il y a plus de chercheurs, donc plus de découvertes et les outils de détection se sont perfectionnés. La compétition est devenue très féroce. Les budgets de recherches deviennent de plus en plus conséquents. Le télescope spatial James-Webb, qui doit succéder à Hubble en 2018 et qui promet d’être précieux dans l’observation de nouvelles planètes, va coûter 15 milliards de dollars (soit 11,23 milliards d’euros).

Au milieu de toutes les annonces, comment distinguer une découverte importante d’une autre ?

Une découverte est à prendre au sérieux lorsque la planète se trouve dans la zone habitable. Cette zone, c’est la distance par rapport à l’étoile où il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Pour résumer, c’est environ la distance Terre-Soleil. Si une planète se trouve dans cette zone, on peut espérer y trouver de l’eau, et notamment de l’eau à l’état liquide, un facteur important pour découvrir de la vie. Pour l’instant, parmi les 700 exoplanètes que nous connaissons, seules 2 ou 3 sont situées dans la zone habitable. C’est donc un facteur rare et à surveiller de près.

Autre donnée qui permet de donner de l’importance à une exoplanète : sa taille. Si elle est très grande, elle est sûrement gazeuse. Cela exclut presque quasiment la probabilité d’y trouver de la vie. En revanche, si elle est assez petite, c’est-à-dire si elle fait la taille de la Terre ou juste quelques fois sa taille, elle est probablement rocheuse. On peut donc espérer y découvrir de la vie.

L’objectif est de trouver une forme de vie extraterrestre, mais comment faire si on ne peut pas s’y rendre ?

Envoyer une sonde pour observer directement une exoplanète, il faut l’oublier. Ce n’est pas pour tout de suite. Un satellite mettrait plusieurs milliers d’années pour se rendre sur place. Et il est donc ridicule de vouloir aller sur une autre planète. Toutefois, il y a d’autres moyens de découvrir des formes de vie. Dans un premier temps, si nous pouvions prendre des photos de ces planètes, on ferait un bond énorme. On pourrait peut-être ainsi découvrir des signes de vie. Par exemple, de l’espace, on peut voir sur Terre de grandes constructions ou les lumières des grandes villes. L’observation de ce genre de phénomènes serait une preuve tangible. C’est pour cela que les efforts se concentrent actuellement sur l’imagerie des exoplanètes.

Il y a également des chercheurs qui développent des techniques pour communiquer avec les extraterrestres. Je pense notamment au programme américain SETI (lien en anglais). Malheureusement, ceux qui veulent entrer en contact avec une autre forme de vie ne sont pas toujours pris au sérieux par la communauté scientifique. Mais les recherches sur les exoplanètes leur sont également utiles : grâce à elles, ils peuvent au moins focaliser leurs efforts dans telle ou telle région. Pour l’instant, ils sont à l’écoute de tout et émettent dans toutes les directions.

Propos recueillis par Louis San

Source : http://www.francetv.fr/info/avec-les-exoplanetes-on-a-bascule-de-la-science-fiction-vers-la-science_78475.html


Découverte d’un nouveau minéral, la Wassonite

07/04/2011

La NASA a annoncé la découverte d’un nouveau minéral. Baptisé Wassonite, celui-ci a été extrait d’une météorite trouvée en Antarctique en 1969.

L’échantillon ne mesure qu’un centième de l’épaisseur d’un cheveu mais les chercheurs sont enthousiastes. Mardi, la NASA a révélé qu’une de leurs équipes aidée de scientifiques américains, coréens et japonais avait découvert un tout nouveau minéral. Totalement inconnu sur notre planète, celui-ci a été baptisé Wassonite en hommage à John T. Wasson, professeur à l’Université de Californie réputé pour ses travaux sur les météorites.

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Exoplanètes

23/03/2011

Les exoplanètes

Depuis quelques temps déjà, l’actualité de la science est fortement marquée par la découverte d’exoplanètes. On peut notamment parler du télescope spatial Kepler qui a récemment repéré un système solaire, comparable au notre, situé dans la constellation du Cygne. Cependant, ce genre de découverte n’est pas nouveau, puisque la recherche d’exoplanètes date de la fin du XXième siècle. 

Le télescope spatial Kepler (image d'artiste) 

Qu’est-ce qu’une exoplanète?

 Si tout le monde emploie ce terme aujourd’hui, sa signification n’est en revanche pas toujours bien connue. il faut d’abord savoir qu’une exoplanète est, comme son nom l’indique, une planète appartenant à un autre système solaire. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on utilise également le terme de « planète extrasolaire » pour les qualifier. Il s’agit d’un objet céleste qui tourne autour d’un soleil. Tout comme les planètes, les exoplanètes peuvent être telluriques (comme Mars), ou gazeuses (comme Jupiter ou Saturne). De même, on peut parler d’exoplanètes géantes ou naines. Dès lors, étant donné que chaque galaxie contient plusieurs milliards d’étoiles, on pourrait éventuellement penser qu’il existe autant d’exoplanètes que d’étoiles. Mais tous les soleils ne sont pas pourvus d’un système, et la quantité d’objets en orbite est aléatoire. 

A ce jour, on dénombre moins de 2000 exoplanètes…

 La chasse aux exoplanètes a commencé à partir des années 1990. A cette époque, les astronomes s’intéressaient tout juste à l’existence théorique de planètes situées en dehors de notre système solaire. C’est ainsi que la première exoplanète fut découverte en 1995 par l’Observatoire de Haute provence (OHP). Les instruments de recherche étaient, en ce temps-là, peu adaptés et peu nombreux. Depuis, la chasse aux exoplanètes s’est développée, et l’on trouve actuellement des télescopes conçus spécialement, voire même des observatoires entièrement dédiés aux exoplanètes. Ainsi, au début des années 2000, on ne parvenait à déceller qu’une dizaine de planètes extrasolaires par an. La fréquence de découverte a progressivement augmenté, et aujourd’hui, on découvre plus d’une cinquantaine d’exoplanètes chaque année. Au 15 Mars 2011, on comptait environ 540 exoplanètes connues des astronomes, et depuis, environ 1200 objets célestes trouvés par le télescope spatial Kepler sont actuellement étudiés pour savoir s’il s’agit d’exoplanètes.La suite

vidéo: youtube

Une exoplanète, ou planète extrasolaire, est une planète orbitant autour d’une étoile autre que le Soleil. La plupart des exoplanètes découvertes à ce jour orbitent autour d’étoiles situées à moins de 400 années-lumière du système solaire.
Dès le 17e siècle apparait l’idée de planètes hors du système solaire, mais c’est au cours du 19e siècle que les exoplanètes sont devenues l’objet de recherches de quelques scientifiques. Beaucoup d’astronomes supposaient qu’elles pourraient exister, mais aucun moyen technique d’observation ne permettait de prouver leur existence. On ne pouvait pas les rechercher, les dénombrer, ou savoir si elles seraient similaires ou pas aux planètes connues de notre propre système solaire. La distance, mais aussi le manque de luminosité de ces objets célestes si petits en comparaison des étoiles autour desquelles ils orbitent ont rendu leur détection impossible. Ce n’est que dans les années 1990 que les premières sont détectées de manière indirecte, puis depuis 2008 de manière directe. La plupart des autres ont été détectées par l’effet Doppler-Fizeau. En date du 5 janvier 2011, 519 exoplanètes ont été découvertes, presque toutes de masse supérieure à celle de la Terre1.
Un biais dans les méthodes de détection utilisées fait que l’on a détecté majoritairement des planètes assez particulières comparées à celles présentes dans le système solaire. La découverte de ces planètes a obligé les astronomes à revoir les modèles de formations des systèmes planétaires qu’ils avaient élaborés en se basant sur le système solaire.
Depuis que les méthodes se sont améliorées, nombre de travaux en ce domaine visent à mettre en évidence des planètes ressemblant à la Terre et pouvant héberger une vie comparable à celle qui y existe.

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