Le ciel européen bientôt sillonné par les drones

13/09/2012

MQ-9 Reaper Дрон США ВВС беспилотник  БПЛА военного назначения

© Photo : ru.wikipedia.org

Les médias sonnent  l’alarme : « Les drones attaquent l’espace aérien de l’Europe ». Il s’agit d’un document rendu public par la Commission publique il y a quelques jours concernant l’élargissement des domaines dans lesquels les appareils aériens sans pilote pourront être utilisés.

Selon le quotidien allemand Junge Welt, le document vise à égaliser à partir de 2016 le statut des appareils aériens habités et inhabités dans le ciel de l’Europe. Ces derniers pourront emprunter, outre les couloirs aériens qui leur étaient réservés jusqu’à présent, des couloirs  destinés aux appareils de l’aviation civile. Et le document de la Commission européenne mentionne bien qu’il s’agit de drones lourds, qui pèsent plus de 150 kg.

Le site internet Telepolis explique qu’à l’heure actuelle, l’accès à l’espace aérien des appareils sans pilote plus légers est régulé par les lois des pays membres de l’Union européenne. L’autorisation de voler pour des drones plus lourds relève de la compétence de l’European Aviation Safety Agency (EASA), dont le siège se trouve à Cologne. Les seuls appareils sans pilote échappant à cette régulation sont des UAV à usage militaire et ceux de la police. L’OACI, l’organisation internationale de l’aviation civile participe également à l’élaboration des règles d’utilisation des drones. Malgré cela, le cadre juridique de l’utilisation des appareils aériens sans pilote est sensiblement différent par son hétérogénéité sur le territoire de l’Union européenne.

Les experts estiment que derrière cette initiative de la Commission européenne se cachent les appétits de plusieurs groupes d’intérêt. Les médias européens font référence la réunion de l’année dernière à Paris. Outre les hauts fonctionnaires et d’autres structures de l’Union européenne, des représentants de l’armée, de la police, des structures des affaires intérieures et de protection des frontières étaient également présents à cette réunion. C’est alors qu’il a été décidé de remplacer le terme « drone » par l’expression « systèmes aériens pilotés à distance » (Remotely Piloted Aircraft Systems (RPAS)). Difficile d’imaginer que cela va calmer les Afghans ou les Pakistanais dont des proches ont été victimes de bavures aériennes commises par ces appareils de l’armée américaine.

Il s’agit désormais de permettre à ces appareils puissants d’entrer de pénétrer dans n’importe quel espace aérien. Les Etats-Unis leur ouvrent leur ciel pour dès 2015. C’est pourquoi les européens sont si pressés, supposent les spécialistes : des millions de bénéfices des gros fabricants de drones sont en jeu. Selon les médias, actuellement, 400 prototypes de drones sont développés dans 19 pays de l’Union européenne. Leur taille varie des géants comparables à l’Airbus 320 aux appareils minuscules pesant à peine quelques grammes. On compte en tout une quarantaine de pays producteurs de drones dans le monde. Les experts évaluent le potentiel de ce marché à près de 6 milliards de dollars par an. Et d’ici à 2018, ce chiffre pourrait doubler. Et à quoi serviront en Europe les drones, capables de transporter des armements lourds ? Viktor Litovkine, chef d’édition du journalNezavisimoe voennoe obozrenie (Revue militaire indépendante) a des doutes quant à leur utilité.

« Il n’existe aucune mission militaire susceptible d’être assignée aux drones lourds dans le ciel européen. Une autre question, est le contrôle de la circulation et la surveillance du trafic. C’est une question qui suscite la controverse. Il est certain que les entreprises qui produisent les appareils aériens inhabités, sont intéressées à réaliser des bénéfices et trouver de nouveaux moyens pour écouler leur production sur les marchés européens ».

Le rôle et le potentiel des drones de frappe lourds dans les zones de conflit est clair. Les experts de l’ONU appellent dès aujourd’hui à discuter de la régulation commune des aspects juridiques de ce type d’armes. En ce qui concerne le vol des robots géants au-dessus des pays européens, cela suscite des questions. Dans tous les cas il reste encore du temps, la Commission européenne ayant l’intention de présenter la version définitive de ce document en décembre. tg

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