Un déluge de planètesnature

Agence Science-Presse, le 17 juin 2010, 8h45

Traditionnellement, les membres d’une équipe de scientifiques financés par les fonds publics s’entendent pour ne pas dévoiler leurs résultats tant qu’ils n’ont pas été officiellement publiés (généralement, dans une revue scientifique). Si une entente verbale suffit en général dans ces cas-là, lorsqu’il s’agit de la recherche privée en revanche, cela va jusqu’à un contrat par lequel les signataires s’engagent au secret. Phénomène rare en astronomie, encore plus rare à la NASA, d’ordinaire friande de publicité, c’est pourtant un tel contrat (nondisclosure agreement) qu’ont signé les membres de l’équipe Kepler.

Jamais depuis Galilée n’y aura-t-il eu pareil déluge. L’astronomie se prépare à donner un nouveau sens à l’expression « pluralité des mondes ».

Depuis 15 ans, on avait détecté 461 planètes tournant autour d’étoiles autres que notre Soleil. Or, voilà que des informations officieuses dévoilées le 15 juin révèlent que le télescope spatial Kepler, à lui seul, aurait ajouté 700 planètes à la liste en quelques mois!

Une annonce officielle devrait être faite mardi prochain mais déjà des voix mécontentes se font entendre dans la communauté astronomique sur la façon dont l’équipe de Kepler garde jalousement ses données.

Kepler est un observatoire de la NASA, envoyé dans l’espace en mars 2009 avec pour première mission de détecter des planètes extrasolaires. Trop lointaines pour être photographiées, ces planètes sont à la limite du détectable : on ne peut que déceler l’infime influence qu’elles ont sur leur étoile. Deux indices : l’oscillement d’une étoile causé par la planète en orbite autour d’elle ou la diminution de la lumière émanant de cette étoile lorsqu’une planète passe entre elle et nous (c’est la méthode utilisée par Kepler).

C’est depuis 1995 que des observatoires au sol détectent ces planètes, une par une, et on s’attendait à ce que Kepler en ajoute des milliers au cours des prochaines années. Mais d’aucuns commençaient à trouver que les premières annonces tardaient singulièrement. D’où l’émoi cette semaine : un groupe incluant le chef de l’équipe scientifique de Kepler, William Borucki, du Centre de recherche Ames de la NASA, a mis en ligne mardi, le 15 juin, sur le serveur de prépublication ArXiv, l’annonce officieuse faisant état de 706 « planètes candidates ». Dont cinq systèmes possédant deux ou trois planètes.

Ces découvertes, dont la majorité devront être confirmées par d’autres observations, ressortent de l’analyse des données des premiers mois de Kepler, en 2009, alors qu’il passait au crible toutes les six secondes la même région du ciel à la recherche de la plus infime diminution de luminosité émanant de 156 000 étoiles.

Sur ces 706 « candidates », il est possible que certaines ne soient pas des planètes, mais des étoiles naines, c’est-à-dire des étoiles si petites qu’elles ne font « que » 10 à 15 fois la taille de la planète Jupiter. En fait, 400 sont jugées particulièrement prometteuses… et sur elles, aucune information ne sera publiée avant février 2011. « Prometteuses » veut dire qu’il s’agit des plus petites de ces planètes, peut-être aussi petites que la Terre, ou bien de celles qui tournent à une distance intéressante de leur étoile. Deux caractéristiques qui feraient que la vie pourrait y être possible.

Cette extension du « silence » jusqu’en février 2011 « signifie une publication sélective de données sur la base de leur contenu scientifique, plutôt que de leur qualité, un précédent pour de telles missions de la NASA », soulignait la revue Nature en avril.

Ceux qui, comme William Borucki, sont en faveur de cette publication sélective, allèguent qu’il s’agit d’éviter une publication trop hâtive de données sur des planètes qui auraient l’air d’abord intéressantes, mais s’avéreraient plus tard décevantes —ou, pire, inexistantes.

D’autant plus que le sujet est médiatique à souhait. Parce que la récompense ultime serait l’équivalent astronomique d’un médicament contre le cancer : c’est-à-dire une planète de la taille de la Terre tournant sur la « bonne » orbite. Une découverte à laquelle des milliers d’astronomes aimeraient bien contribuer, d’où leur demande de rendre immédiatement publiques toutes les données de Kepler…

source :  http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2010/06/17/deluge-planetesnature

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9 Responses to Un déluge de planètesnature

  1. sylv1 dit :

    Alors ces exo-terres potentielles vont bien donner du travail à « nos chercheurs ».
    Il ne fait aucun doute que dans toute cette quantité, des candidates pouvant « offrir la vie »sortiront du « casting » dès que les recherches aboutiront.
    Pour autant, une seule élue suffirait à nous dire que nous ne sommes pas seuls! ENFIN!!!
    Ces résultats ne sont pas encore, j’imagine pour aujourd’hui,sans doute demain(pour nos enfants ou petits enfants.)

  2. masquerytte dit :

    hélas cette sélection se fera selon les critères de certains et sont-ils justes et objectifs?

  3. sylv1 dit :

    L’erreur est toujours possible en effet,mais en l’état,l’étude la plus sérieuse est bien scientifique et non de fafelus!
    Ce n’est pas si simple que ça de dire l’univers est immense donc il y a forcément la vie.Pour autant, les scientifiques ne doivent cependant nègliger aucune pistes à cet égard et ainsi voir si des composantes chimiques liées dans un autre environnement que celui de notre planète ne peut tout de même « autoriser » une forme de vie, le tout est bien sûr de rester ouvert mais censé.C’est très compliquer: il faut prendre en compte la distance planète étoile, l’orbite, la masse etc…., c’est un travail et non une affabulation qu’il faut.

  4. évhémère dit :

    « La chair est faible » …. Il est évident que le gâteau était tellement succulent que le buffet se fait assaillir par des convives surexcités !… Mais on peut se dire aussi que, la censure étant chose commune, « certains » veulent trier les résultats et garder certains « en privé » !…Aussi justifiable soit-elle, cette politique de dissimulation n’aura donc eu que l’effet inverse !… Et les rumeurs de complots vont s’en trouver stimulées !…

  5. sylv1 dit :

    Et c’est le but me semble t-il,pour ces dissimulateurs « présumés »! pendant ce temps là que croyez-vous aux RUMEURS de complot,et bien, ils continuent leurs emplettes ,pas vrai???

  6. UN chouka dit :

    Je pense qu’il ne faut surtout pas oublier de faire une diference entre ce qui est un dogme politique (une déclaration scientifique édulcorée en vue d’infléchir le cours des croyances populaires )et une conclusion scientifique réelle qui ne tient aucun compte de l’impact de cette déclaration ………….. 😀

  7. sylv1 dit :

    ouais pas faux ça se défend monsieur!
    C’est vrai que le sujet dérive je l’admets, pour ma part je m’en tiens à mon premier commentaire!(du:
    22/06/2010 à 1:24) La réalité scientifique telle qu’elle nous est présentée!Après ce n’est qu’affabulation plus ou moins érronée du reste!

  8. JR dit :

    L’attente devient longue tout de même…

    C’est si difficile que cela d’admettre qu’il y a de la vie partout dans l’espace et que nous ne sommes pas une exception?…

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