Comprendre le cerveau


Le cerveau reptilien

Il est appelé le cerveau primaire ou primitif ou encore cerveau archaïque. Les êtres humains avaient à l’origine, essentiellement un premier cerveau reptilien dont l’homme conserve encore bien des instincts de base (dont l’instinct de conservation). Il correspond chez l’être humain aux systèmes nerveux du tronc cérébral. Il est malgré sa petite taille d’une grande complexité. Certains animaux (vertébrés inférieurs, reptiles…) sont régis uniquement par ce cerveau. Il est la source des comportements primitifs qui répondent à des besoins fondamentaux. Il assure entre autre la sauvegarde de l’individu et de l’espèce. Ces comportements sont incapables d’adaptation et restent insensibles à l’expérience du fait que le cerveau primitif n’a accès qu’à une mémoire à court terme. Le cerveau reptilien agit toujours selon des schémas rigides et stéréotypés: une même stimulation produira toujours le même effet. Par exemple, conservée depuis des générations, la fuite inscrite héréditairement dans chaque individu, est un mécanisme nécessaire, imparable, stéréotypé. Le noyau dit  » amygdalien  » en particulier commande l’agressivité, le souci du territoire et de sa défense. Il correspond à notre univers non-verbal de gestes et comportements automatiques. Il est le lieu de la routine, des itinéraires fixés à l’avance, des rituels, cérémonies….De ce fait, le  » langage reptilien  » est essentiel dans les relations humaines.


LE CERVEAU LIMBIQUE

Le cerveau viscéral de survie, surnommé ainsi par Mac Lean, est en étroite relation avec les centres des pulsions et des émotions. C’est le centre physiologique des émotions et donc le système dominant del’affectivité. « Parti du vieux cerveau des mammifères, il dessine un anneau entourant le seuil de l’hémisphère cortical… Chez l’être humain, il est un des éléments essentiels de mise en rapport du néocortex avec les autres formations cérébrales plus anciennes; son fonctionnement domine l’affectivité et les processus de la mémoire » H. Laborit.
Il correspondait au cerveau antérieur des mammifères, au cortex primitif qui est toujours présent chez l’être humain. C’est un ensemble complexe de noyaux, de voies nerveuses, relié à l’hypothalamus, au tronc cérébral et au néocortex. Superposé au cerveau reptilien , le cerveau limbique est le fruit d’une évolution beaucoup plus tardive. Le rat n’a qu’un cerveau reptilien et limbique, à peine un cortex, le chat aussi (avec un début de cortex). Comme le cerveau reptilien, il ne s’exprime pas verbalement mais peut exciter le cortex qui lui, s’exprime par la parole.
Sa fonction essentielle est la survie par une bonne adaptation à l’environnement social : empathie, statut social, intégration à un groupe, convictions et croyances, sentiment de sécurité… C’est aussi le lieu des mécanismes de motivation, réussites et échecs, plaisir et déplaisir…
Principales lois physiologiques attribuées par les biologistes au cerveau limbique.
a- Le système limbique est imperméable à toute logique.
b- Le cerveau limbique agit comme un filtre, il a un rôle sélectif et détectif : toute information passe d’abord par le limbique qui filtre l’information et excite le cortex selon le filtre lui même lié aux tonalités émotionnelles de l’information (intérêt, sécurité, plaisir, motivation, ….) Les émotions déclenchées par des stimuli agissant sur le système limbique ne sont pas sous le contrôle du cortex. La peur, par exemple ne disparaît pas par voie de raisonnement. Le cerveau limbique a une certaine autonomie par rapport au cortex: il peut bloquer toute réactivité des zones corticales, et anesthésier les infos déplaisantes qui n’atteignent pas le cortex mais il peut aussi stimuler certaines zones du cortex. La communication est donc unidirectionnelle.
c- Le système limbique enregistre d’abord l’action vécue qui deviendra réflexion. La réflexion est ainsi soumise à l’action: le cerveau ne peut résoudre un problème que s’il expérimente de nouvelles solutions. Sur le plan biologique, cela correspond au fonctionnement coordonné du cortex et du limbique.
d- Il stocke tous les souvenirs jouant ainsi un rôle essentiel dans la mémoire à long terme, qui permet la réception et l’enregistrement des informations en fonction des tonalités émotionnelles. La mémoire en permettant la création d’automatismes pourra être à l’origine des besoins nouveaux qui du coup, ne seront plus instinctifs mais seront d’ordre socio-culturel.
e- Il assure le début de la connaissance par l’image et joue un rôle cognitif comme produire, élaborer des images même s’il est essentiellement lié aux processus émotionnels et aux pulsions.

LE NEOCORTEX

Le cortex apparaît à l’état d’ébauche chez certains reptiles, se développe chez les mammifères et plus on monte dans l’échelle animale, plus cette bande va s’étendre et refouler de part et d’autre les deux cerveaux primaires. Chez les mammifères supérieurs, le cortex s’est développé vers l’arrière, enveloppant tout le système limbique d’une couche épaisse de neurones aux ramifications complexes.
Ce qui est vraiment nouveau chez l’homme, c’est l’étendue du néo-cortex et les structures qui s’y rattachent: le nouveau cerveau présente une plasticité et une souplesse inconnue aux structures archaïques.
Le nouveau cortex n’est plus une machine : lorsqu’il est stimulé, il peut ne pas répondre ou encore répondre de manière imprévue, de façon originale et créative à un problème posé par l’environnement. Il peut répondre d’une manière différente de celle qu’avait entraîné une stimulation identique précédente. Il sera d’autant plus conscient qu’il est justement conscient de ses automatismes et de ses pulsions et qu’il peut s’en libérer par sa fonction imaginaire.
En effet, l’accroissement des connexions neuronales du cortex s’accompagne d’une augmentation des possibilités de réception des informations. Il a pris dans l’espèce humaine, un développement considérable dans les régions orbito-frontales qui permettent un moyen d’association des éléments mémorisés. L’homme peut recombiner ces éléments mémorisés d’une façon différente de celle par laquelle ils nous ont été imposés par le milieu ; le cerveau peut alors créer des structures nouvelles, « les structures imaginaires » (H. Laborit).
Il représente la conscience, la capacité symbolique (capacité de remplacer certaines choses par d’autres), le langage, base de la pensée abstraite. Seul le cortex a cette capacité : c’est pour lui un moyen de gérer les autres cerveaux plus anciens.
Il correspond au stade de la reconnaissance de l’objet comme réalité externe dans un espace donné. La manipulation des concepts, de l’abstraction par les sytèmes associatifs, la prise de distance par rapport à l’objet donne à l’homme des possibilités presque infinies de création.

4 Responses to Comprendre le cerveau

  1. alessandro boidi dit :

    Quelqu’un connaît-il la Neuroéconomie? Je viens de lire un bouquin – appelé la Neuroéconomie, chez Plon – qui montre comment notre cerveau réagit quand on doit prendre des décisions ou quand on pense à la politique.

  2. Pierre Payen dit :

    Est-ce qu’un Système
    -qui est basé sur l’exploitation par tous mes moyens possibles ou imaginables des « manques », des « frustrations », du « mal-être », des « fantasmes »,
    -qui propose comme remède souverain « LA CONSOMMATION » en tant que PLAISIR COMPENSATOIRE uniquement momentané, s’estompant dès que consommé, incitant « TOUJOURS PLUS » (t. p.) la recherche d’autres mets t. p. épicés,
    -qui promeut « l’avoir », l’apparence, la satisfaction immédiate d’une sensation au détriment de « l’être » qualitatif, spirituel, néocortical,
    -a intérêt (à court terme) à dévoiler ses failles, à placer en exergue le rôle trop souvent prépondérant du CERVEAU DES EMOTIONS ? !

    Tous les élèves, professeurs, parents, connaissent-ils (le masculin neutre sera employé)
    les rôles des trois parties principales du cerveau ? Pourtant M. Henri Laborit me les a présentés dans ses livres il y a plus de trente ans ! Ne devraient-ils pas être au centre de l’éducation et des programmes scolaires dès le primaire (la forme dépendant du niveau des enseignés) ? !

    A long terme, cette option consistant à pratiquer t. p. la politique de « la fuite en avant » : à passer outre l’activation de l’analyse du néocortex, n’est-elle pas délétère ou suicidaire ? !

    * Présenté autrement, ne sommes-nous pas invités à nous placer sous la dépendance du cerveau des émotions (au détriment du néocortex) ? ! Donc à « imiter » a priori les autres mammifères ? !

    * En réalité, sommes-nous capables d’évoluer mentalement ?

    Dans tous les cas, chez les animaux, quand une espèce est en danger d’extinction, parfois se produit une régulation naturelle qui, via un élagage massif, permet aux survivants de repartir d’un bon pied. Par exemple, lors de l’épidémie de la myxomatose ayant décimé les lapins et lièvres, environ 10 % survécurent immunisés.

    * N’aurions-nous pas la chance exceptionnelle de participer en direct à une fin d’ère ? !
    Les applications des découvertes scientifiques (progressant à un rythme exponentiel) confiées à des techniciens rationalistes (croyant que l’homo sapiens est un dieu en devenir, qu’il s’agit donc d’exploiter t. p. vite les inventions pour se rapprocher du paradis terrestre) aimant jouer aux apprentis sorciers, négligeant le principe de précaution, (sous l’influence prépondérante du cerveau des émotions) ne sont-elles pas en train de détruire l’environnement ? !

    Un crash mondial total ne pourrait-il pas remettre les pendules à l’heure ?

    Notre civilisation ne s’est-elle pas construite sur la « peur de la mort » ?
    D’où l’esclavage (son début suite à un calcul de rentabilité, sa fin pour les mêmes motifs !) et l’institution du système général d’exploitation de l’h. s. par l’h. s..

    Puisque l’h. s. n’a pas réussi (à froid) à abstraire suffisamment pour comprendre et surtout intégrer que le mode de fonctionnement de l’Univers, de la vie, était quasiment cyclique (avec des moments de discontinuité, de rupture, de complexification), il dépassera ce blocage à chaud.
    Il expérimentera que, dans certaines conditions, la mort est préférable à la survivance dans un contexte effroyable :
    – à la merci d’h. s. floués, « no futur », transformés en barbares ivres de désirs de vengeance, prêts à torturer pour obtenir l’argent indispensable, (nous serons 9 milliards en 2050 !), etc. ;
    – dans un climat déréglé,
    – dans une pollution généralisée (air, eau, sol, aliments, etc.) et des services de protection sociale et de santé submergés et en faillite …

    N. B. S’il avait accepté que la vie était cyclique, ne pouvait qu’être ainsi, il se serait arrangé pour aménager au mieux toutes ses phases ! La vieillesse et la mort auraient été positivées et se dérouleraient t. p dans la « DIGNITE HUMAINE »

    Le mot « Homme » n’est jusque maintenant qu’un mot !
    Le premier « Homme vrai » aura la possibilité de décider de quitter son séjour terrestre (ou le jeu de la vie) selon son bon vouloir. En même temps le mot « liberté » prendra un sens !

  3. sam dit :

    bonjou, j’aimerais bien avoir ttes les vouveautés a propos du cerveau et des neurosciences et spécialement de la neurupsychologie puisque je ss en 1ere année magistere en neuropsychologie et c un monde vraiment passionant..merci danance.

  4. Un oubli !
    1) Depuis 2005, on connaît mieux la différence existant entre notre génome et celui du
    chimpanzé !
    Une évaluation comparative a révélé (ou confirmé !) que le pourcentage était inférieur à 2 ! 2 % ! ! !

    Évidemment, les croyants tout au moins chrétiens (pour qui « L’homme a été créé à l’image de Dieu ») et les rationalistes (qui se sont contentés de recopier à une symétrie près et de réduire le D en d : « L’homme est un dieu en devenir ») n’ont pu que passer une alliance objective et enterrer dans un silence assourdissant ce résultat inacceptable ! Inadmissible ! Blasphématoire ! (Pourquoi une fatwa n’a-t-elle pas été déclenchée par les islamistes ?)

    Ce qui est maintenant sûr, c’est qu’on n’est plus en droit de demander à des homo sapiens ce qu’ils ne peuvent pas fournir avec la meilleure volonté du monde !

    *** Il n’est plus légitime de culpabiliser des sortes de « bonobos boostés » !

    2) En l’an 2000, les conclusions d’une étude statistique menée par des chercheurs
    renommés (L. Nottale, J. Chaline, P. Grou), consignées dans un ouvrage « Les arbres de l’évolution » (Ed chez Hachette, v. a. Internet) prenaient la forme d’une hypothèse.
    Si nous suivions le même chemin que celui emprunté par les animaux (et autres) de l’expérience, nous devrions rencontrer avant 2080 la plus grande remise en question de nos modes de vie depuis l’installation du Néolithique !
    La valeur de ce point de vue, qui reposait sur une application de la théorie des fractales, pouvait sembler terriblement aléatoire en l’an 2000.
    Mais en 2005, le refoulement généralisé de l’apport pourtant fondamental (les 2 % !), celui qui aurait permis d’ouvrir un débat mondial, une mise à l’heure des pendules, un début d’évolution mentale dans la continuité, a précisément et profondément conforté le diagnostic prévisionnel !

    3) Le détail superfétatoire !
    Dans la Société dite libérale, toutes les initiatives sont encouragées !
    Tout se déroule un peu selon le modèle de la
    « croissance arborescente » des végétaux !
    Sauf que chez eux, ce processus est le fruit d’une sélection naturelle portant sur des millions d’années !
    La situation, chez les homo sapiens, se situe aux antipodes !
    Rien n’est suffisamment contrôlé. Le principe de précaution ne peut être vraiment observé puisque « Time is money », puisque les entreprises ne peuvent se permettre d’attendre pendant x années ou décennies les effets éventuellement nocifs des nouveaux matériaux, des techniques high-tech !
    Sur le plan juridique, l’élaboration de lois garde-fous prenant un certain temps incompressible, des petits malins profiteront « toujours plus » des vides … pour tricher, arnaquer, polluer sans le moindre scrupule !

    En bref, historiquement parlant, l’effondrement de l’Empire romain n’était-il pas programmé ? !

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